INTERVENTION ET ADOLESCENCE

Un des principes guidant le
travail des intervenants auprès des personnes vivant un problème de
toxicomanie est : E=SIC
Ainsi, l’effet d’un psychotrope ou
l’expérience vécue (E) est déterminé par l’interaction des trois facteurs
suivants : les propriétés de la substance (S), les caractéristiques
personnelles de l’individu (I), de même que le contexte dans lequel il
évolue(C). Nous savons maintenant qu’un individu devient davantage
dépendant de l’expérience vécue avec un psychotrope que du psychotrope
lui-même.
L’adolescent consommateur abusif
n’est pas considéré toxicomane, mot qui a un sens trop péjoratif et
stigmatisant pour ce dernier qui en est habituellement au tout début de
son histoire de consommation. On le qualifie plutôt de jeune consommateur
à risque.
Le problème majeur dans une
intervention auprès d’un adolescent se situe surtout au niveau de la
motivation à suivre un traitement car celle-ci n’apparaît généralement
qu’à partir du moment où le poids des problèmes causés par la consommation
devient plus lourd que le plaisir qu’elle procure.
Or, au début, l’adolescent est
bien plus souvent en contact avec la dimension "plaisir" qu’avec les
problèmes vécus. De plus, le lien entre ses difficultés et sa consommation
peut paraître flou. Enfin, la pression des pairs, la certitude d’avoir le
contrôle sur sa consommation, de même que le besoin de faire des
expériences par des agissements qui vont à l’encontre de l’autorité
parentale rendront la motivation d’autant plus fragile.
Lorsqu’il s’agit d’intervenir, les
parents et l’intervenant seront des partenaires précieux car les premiers,
quoiqu’en dit l’adolescent, ont une place privilégiée dans l’entourage de
ce dernier et ils ont aussi une motivation souvent plus forte que lui.
Une intervention adaptée aux
adolescents doit surtout mettre celui-ci en action car sa vie est plus
facilement orientée dans l’agir que dans l’analyse. Nous devons travailler
sur de petits changements au niveau des habitudes de consommation. Puis,
les renforcer. Les objectifs à atteindre doivent être à court terme, en se
rappelant toutefois que deux semaines, pour un adolescent, peuvent
paraître un long terme.
Il est ainsi très important que
l’adolescent constate des succès rapides sur des petits points. Il lui
sera alors plus facile de maintenir son engagement, ceci favorisant la
suite des interventions.
* Source : Info-toxico-04,
Domrémy Mauricie, avril '92, Vol.4,no 1, p.1-2.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier,
intervenant en toxicomanie CENTRE L'ÉTAPE (1998)
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