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NOS JEUNES ...DES
DROGUÉS ?

Mettons d’abord en perspective les
préjugés souvent répandus sur cette jeunesse droguée.
Des études récentes ont avancé que
15% des adolescents n’avaient jamais consommé de psychotropes (alcool,
tabac et drogues). L’autre 85% des jeunes s’y sont adonnés à un moment de
leur vie, plus ou moins fréquemment, souvent par curiosité, et pour faire
comme les autres, avec un sentiment partagé de désir, de curiosité, de
peur et d’appréhension. Nous pouvons diviser ce 85% en trois groupes : le
premier contient les occasionnels (60%). Ils consomment en des
circonstances particulières c’est-à-dire les anniversaires, les partys,
durant les Fêtes. Ils le font pour le plaisir et pour faciliter le contact
social. Leur consommation est un accompagnement conscient, délibéré et
intégré.
Le second groupe se compose de
consommateurs réguliers (20%). Leur fréquence de consommation est
répétitive, sur une base hebdomadaire, souvent en réaction à quelque
chose, et aussi pour le plaisir, la socialisation et comme moyen pour
réduire la gêne. À ce stade, il y a dépendance psychologique, la période
de consommation étant un moment important de leur semaine, s’inscrivant
alors dans leur mode de vie, leur personnalité. Enfin, presque tous leurs
amis consomment.
Dans le troisième groupe, il y a
les consommateurs problématiques (5%). Deux sous-groupes le composent :
celui du sur consommateur. Celui-ci y consacre presque tout son temps, son
énergie et son argent. Sa consommation sous-tend une gamme de problèmes de
vie, reliée au contexte dans lequel le jeune évolue et négocie avec
ceux-ci : oubli, ennui, échec, souffrance, etc.. Certains facteurs
prédisposent à la toxicomanie. Ainsi, sa relation aux psychotropes
conditionne et influence ses liens familiaux, sociaux, sa performance
scolaire, son image et son estime de soi ainsi que sa vision de l’avenir.
Sa problématique est souvent celle de toute sa famille et de son système
social. Cet adolescent a besoin d’aide extérieure.
L’autre sous-groupe, celui des
abusifs, se distingue dans sa consommation par le fait que celle-ci est
irrégulière, bien qu’elle soit alors incontrôlée. Par exemple, il peut
prendre une "brosse" de trois jours, ne pas consommer durant deux mois,
puis prendre une autre "brosse" de deux jours, etc.. À cette occasion, il
y a souvent mélange de substances en grande quantité. Ce qui est recherché
par le sujet c’est le relâchement du contrôle, la compensation, le
défoulement, l’anesthésie de ses problèmes de vie. Une aide extérieure est
alors nécessaire au recouvrement d’une situation de vie acceptable et
satisfaisante.
*Source : Pierre
Paquin, Intervention auprès des jeunes, Recueil de textes, '88, p.100.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE
(1998)
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