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LE GESTIONNAIRE ET
L'EMPLOYÉ EN DIFFICULTÉ
Une des facettes les plus
difficiles du rôle du gestionnaire a trait à la ligne de conduite à
adopter face à un employé en difficulté.
" Devrais-je réagir ou attendre que le problème
se règle de lui-même ? " se demande-t-il lorsqu'une telle
problématique survient. Sa crainte est associée à la réaction de l'employé
:
" Est-ce qu'il va admettre sa situation, se
mettre en colère ou loger un grief ? "
Allons-y pour une première
constatation : il n'est jamais facile de dire à un employé que son
rendement a baissé ou que son comportement n'est pas celui auquel on
s'attendait. C'est encore plus difficile si des efforts ont été tentés
sans donner les résultats escomptés. Cependant, il est toujours possible
d'avoir une entrevue constructive pour redresser une situation qui
dégénère.
La première règle, c'est d'être
prêt, puis d'avoir une idée de ce qui s'en vient et du comment y faire
face. Une situation problématique est le résultat d'une succession
d'événements. Quels ont été les conséquences des faits constatés ?
En se documentant sur les faits,
les consignant, le gestionnaire peut démontrer l'existence du problème de
comportement, de rendement, d'absentéisme ou d'accidentéisme. Il prend
alors du recul sur la nature réelle du problème en milieu de travail.
Ce qui est important, c'est
l'impact qu'a une quelconque problématique sur le rendement de l'employé.
Il n'a pas à juger de cette problématique-consommation d'alcool, problèmes
matrimoniaux, financiers ou autres - il ne fait que constater le problème
de rendement, de comportement, etc.
Une fois cette étape franchie, le
gestionnaire organise une rencontre afin de confronter l'employé à son
problème de rendement au travail, de comportement ou d'absentéisme.
Le dossier vient étayer la
démarche car, bien souvent, l'employé ne se rend pas compte de son
comportement problématique. Mis en présence des faits et des conséquences,
il va comprendre plus facilement l'étendue du problème. À cette entrevue,
le gestionnaire devra exiger un changement quant au rendement ou au
comportement.
Cette rencontre est fort
importante : voilà pourquoi le gestionnaire doit parler à son subordonné
en privé, être calme, ne pas être distrait ou interrompu. Il doit aussi
aborder la difficulté sans détour, en lui présentant des observations
concrètes et en quoi son comportement perturbe son travail.
Le gestionnaire doit aussi écouter
l'employé, discuter avec lui. Des solutions peuvent être recherchées ; à
cet effet, il peut l'informer de l'existence de ressources d'aide dans son
milieu de travail ou à l'extérieur. Naturellement il devra l'assurer du
caractère confidentiel de la démarche que celui-ci entend poursuivre.
De plus, le gestionnaire devra
fixer un cheminement correctif, arrêtant les termes d'une nouvelle entente
entre l'employé et lui, il lui fera également voir les conséquences d'une
réussite ou d'un insuccès.
Si la situation demeure inchangée
suite à cette intervention ou que l'employé refuse de reconnaître
l'existence du problème, le gestionnaire pourra alors demander une
évaluation médicale. Il devra alors planifier d'autres rencontres,
recommander ou même demander à l'employé de se prévaloir de l'aide
disponible.
Si le rendement ou le comportement
demeure insatisfaisant, il devra l'informer que des mesures disciplinaires
pourront être prises contre lui.
Parfois, ces dernières ne seront
pas suffisantes pour faire corriger la situation et l'employeur devra se
résoudre à congédier l'employé. Ces cas sont toutefois assez rares car le
risque d'une perte d'emploi est probablement le motif le plus fort
favorisant la volonté de changement.
Source : Diane
Nadeau, Intervention en milieu de travail, p.121-137
Rédaction : Jean-Yves
Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE (1999)
Voir:
FORMATION
"GestionnaireS et employéS en difficulté" |