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Le
programme d'aide aux employés
un peu d'histoire

C’est en 1883 que nous retraçons les
premiers vestiges d’un programme d’aide aux employés, un P.A.E. Un
imprimeur-éditeur, M. Rollo A. Law, décida d’héberger un de ses employés
alcooliques. Il lui assura soins et encouragement pendant sa période de
sevrage et ses premières semaines d’abstinence. Ce dernier devint alors un
de ses meilleurs collaborateurs.
Jusqu’en juin 1940, quelques
industries, sensibles au bien-être personnel et familial de leurs
employés, mettent sur pied des programmes de santé. C’est ainsi qu’une
étude menée chez Western Électric de 1927 à 1936 signale que les plaintes
rapportées par les employés n’étaient pas reliées au fait rapporté mais
plutôt à des problèmes personnels. De plus, lorsque les employés pouvaient
en parler, ils se sentaient mieux et leur production augmentait. La
compagnie décida alors d’engager 50 conseillers à plein temps pour faire
du counselling, ce qui occasionna une baisse des problèmes émotionnels.
De 1940 à 1960, deux courants se
développent : d’une part des programmes et des recherches en santé mentale
sont menés par des professionnels à l’emploi des entreprises; d’autre
part, des programmes d’aide aux alcooliques sont mis en place par des
alcooliques réadaptés.
Malgré des efforts louables, ces programmes
n’eurent pas les effets escomptés ; comme on avait mis l’accent sur le
fait que les superviseurs devaient reconnaître leurs employés alcooliques,
cette forme de référence fut perçue comme punitive, ce qui eut un impact
négatif chez les employés. De plus, il y avait certains problèmes de
confidentialité.
C’est la compagnie Édison qui mit en place le premier
P.A.E. L’alcoolisme était alors considéré comme une maladie. Le
superviseur avait un rôle déterminant - peut-être même ingrat - en ce sens
qu’il faisait un diagnostic sur l’alcoolisme d’un employé alors
qu’idéalement il aurait été préférable qu’il n’ait à constater que la
diminution du rendement, la mauvaise relation avec tel autre employé, etc.
Les responsables du P.A.E. changèrent donc leurs tactiques : on apprit
aux superviseurs à intervenir sur la base des écarts observables du
comportement, comme la diminution du rendement au travail. Puis, on mit en
place des outils d’information afin d’inciter les gens à se présenter
volontairement au programme.
Par la suite, le programme s’ouvrit
à d’autres problématiques que l’alcoolisme. Des problèmes comme le stress,
les relations conjugales ou les finances personnelles peuvent aussi causer
des changements comportementaux ou des diminutions de rendement au
travail. Les années 70 virent donc apparaître les programmes "multi-volets"
. De plus en plus d’entreprises adoptèrent cette modalité.
Au Québec, comme au Canada
d’ailleurs, les P.A.E. ont suivi d’une dizaine d’années le modèle
américain. Nos programmes tendent cependant à avoir une allure plus
préventive. Ainsi, tout en maintenant les activités coutumières comme
l’aide individuelle, la formation de gestionnaires, etc., nous nous
penchons sur les causes organisationnelles et sociales des difficultés des
employés et nous tentons d’influencer les employeurs à assainir le milieu
de travail.
D’ailleurs, les nouvelles tendances
en gestion des ressources humaines sont à cet effet. Elles relèvent
l’importance de reconnaître l’employé comme un être humain complexe, de
concilier les besoins de l’organisation avec ceux du travailleur,
d’améliorer la qualité de vie au travail et de modifier en conséquence la
philosophie de gestion.
*Source
: Diane Nadeau, notes de cours, Intervention en milieu de travail, p.
10-14
Rédaction :
Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie CENTRE L'ÉTAPE
(1999)

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