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UN
PETIT VERRE, GRAND-PAPA ?
Dans l'analyse des soins et des
services inadéquats offerts par notre société aux personnes âgées, nous
constatons que le champ de la violence faite à ces derniers regroupe trois
sources.
La première - et la plus courante - c'est la négligence
passive en vertu de laquelle il y a omission d'aide par manque de
connaissances ou par préjugés. La seconde traite de négligence active
c'est-à-dire l'omission volontaire d'aide, le refus d'assistance et
l'abandon à la dépendance. Enfin, il y a les abus : contrainte
délibérée de l'autonomie, sévices, vol, agression et infantilisation.
L'aîné, face à ces soins et
services inadéquats, est très vulnérable. L'alcool sera parfois utilisé
pour pallier certaines carences, parfois à d'autres fins. Aussi, il
consommera de l'alcool pour répondre à un désir compulsif et obsessif de
consommer, pour passer d'agréables moments avec autrui, pour vérifier son
degré de contrôle personnel («Vais-je rechuter si je prends un verre?»),
pour effacer les émotions désagréables et les conflits avec autrui, pour
oublier ses problèmes au travail ou son état physique insatisfaisant, ses
problèmes d'identité, ou enfin pour ressentir un sentiment de bien-être
personnel.
Même si la consommation
d'alcool tend à diminuer avec l'âge, ce sont les personnes âgées qui ont
le pourcentage le plus élevé de consommations quotidiennes.
Il y a peu de données statistiques sur la quantité d'alcool consommée, le
niveau de risque et la présence d'une dépendance à l'alcool pour le groupe
de 65 ans et plus. Le tiers de ces personnes auraient développé une
dépendance après 50 ans, principalement suite à des difficultés
d'adaptation à des événements de leur vie comme la retraite, le décès du
conjoint, maladies, etc.
Ce buveur est dit «tardif». Il n'a pas de profil
psychiatrique, il possède un bon réseau de support, il est souvent marié.
Il est susceptible de nier son problème de consommation et il peut devenir
dépendant très rapidement. Souvent, on le dépiste suite à une intoxication
aiguë. Et même s'il possède un des meilleurs pronostics de rétablissement,
il refuse souvent d'aller dans un centre de traitement externe ou interne.
Un autre genre de buveur est dit «chronique».
Souvent, il vit seul, est très rigide et réfractaire à
l'hospitalisation, a des relations insatisfaisantes avec sa famille et son
entourage. Il a plusieurs problèmes de santé : rénaux, cardiaques,
pulmonaires, etc.
Il est souvent orienté vers le milieu institutionnel ou vers les
ressources alternatives d'hébergement.
Le troisième est dit
«exacerbé». La majorité des personnes âgées ont ce profil. Bien
qu'elle soit associée à l'alcoolique chronique, elle se distingue par un
milieu familial préservé, une santé moins hypothéquée et un milieu de vie
plus stable. Leur histoire de consommation a débuté entre 20 et 40 ans,
avec une évolution vers l'alcoolisme au fil des événements importants de
leur vie. Ce sont les problèmes vécus durant leur vieillesse qui viennent
exacerber ce type d'alcoolisme.
Mentionnons enfin que la
difficulté majeure rencontrée quant au traitement de ces formes
d'alcoolisme a trait au dépistage des personnes âgées ayant un problème de
consommation d'alcool.
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Source : Guy Vermette, Intervention auprès des personnes âgées, p.23 à 27.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie -
CENTRE L'ÉTAPE
(1999)
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