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FACTEURS PRÉDISPOSANT À LA
CONSOMMATION
Le terme «prévention» est très
populaire dans le domaine de la toxicomanie. Plusieurs l'associent à
«interdiction» espérant que les séances d'information auront cet impact
chez les individus rencontrés. Quoiqu'il puisse en être ainsi chez les
jeunes, l'impact s'amoindrit ultérieurement, l'adolescent finissant bien
par s'apercevoir que la réalité diffère assez fortement de l'illustration
qui est parfois décrite par des "préventionnistes" trop dramatiques. Ne
pas tomber dans les excès et donner l'heure juste est essentiel.
Travailler en prévention primaire,
c'est intervenir sur les facteurs d'émergence du problème en question.
Plusieurs facteurs doivent être considérés pour comprendre le phénomène de
consommation et de surconsommation de psychotropes. Nous pouvons regrouper
ces facteurs sous quatre aspects différents : ceux reliés à l'individu, à
la substance, au milieu familial et au milieu social.
Parmi les facteurs reliés à
l'individu, nous retrouvons le comportement antisocial ou hyperactif
précoce, les attitudes rebelles et le manque d'adhésion aux valeurs
sociales, l'initiation précoce à la consommation de psychotropes, le
stress, l'isolement, la souffrance psychologique, une faible valorisation
de l'individu, les traumatismes de l'enfance, la difficulté à gérer ses
émotions, l'ennui, les problèmes de santé mentale, la dépression, la
maladie ou le handicap physique.
Quant à la substance, nous pouvons
identifier, comme facteur d'émergence, la qualité douteuse du produit due
à son illégalité, la poly consommation, la fréquence et la quantité
consommée ainsi que son mode d'administration c'est-à-dire par voie orale,
par inhalation ou par injection intraveineuse.
Le milieu familial est aussi à
considérer. Ainsi, l'alcoolisme dans la famille, l'inconsistance des
modèles et des normes proposées par les parents, l'utilisation de
psychotropes, la pauvreté, la violence, le niveau d'autorité excessive ou
l'absence totale d'autorité, la famille désunie vivant dans un climat de
tension, la communication difficile ou inexistante sont les facteurs
prédominants.
Enfin, la consommation dans le
cercle d'amis, les échecs, l'absentéisme et le décrochage scolaire, le
manque de reconnaissance et de satisfaction dans les rapports avec autrui,
les conditions de travail difficiles, la publicité incitative, la grande
accessibilité et les nombreuses occasions de consommer sont les facteurs
d'émergence reliés au milieu social.
J'aimerais par ailleurs préciser
que l'addition de ces facteurs n'entraînent pas automatiquement la
consommation ou la surconsommation de psychotropes. Leur présence, en
nombre plus ou moins élevé, devrait néanmoins allumer une lumière jaune
aux personnes vivant dans l'entourage du consommateur ou sur consommateur
potentiellement problématique.
Source : Pierre
Paquin, Recueil de textes, Intervention auprès des jeunes, p. 102-103
Rédaction :
Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE
(1999)
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