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FILS
DE RICHE,
EST-CE UN FACTEUR DE RISQUE ?

L’adolescence, c’est la période de
développement durant laquelle le jeune doit graduellement briser ses liens
avec son foyer, ses parents. Il y a alors expansion de ses intérêts
sociaux, intellectuels et sexuels. En transition entre l’enfance et la vie
adulte, il se cherche une identité, s’interrogeant sur la vie, la mort et
s’embarrassant ainsi d’une multitude de graves questions existentielles.
Il s’enferme alors dans les contradictions, bien qu’il aspire à la rigueur
et à la clarté. C’est pour cela qu’il oscille sans cesse entre le
sentiment de vide et de toute puissance.
Et ce, juste au moment où il doit
faire face à une longue série de bouleversements internes. Sa morphologie
change. Elle peut lui plaire ou non. De plus, il se sent déçu et incompris
et doit maîtriser une certaine agressivité envers ses parents. Cette
ambiguïté à vivre ces difficultés le fera parfois basculer dans la
dépression. Et parfois, il ne pourra trouver d’autres moyens d’évacuer
cette agressivité qu’en la retournant contre lui-même.(1).
Ainsi, l’adolescent vit
intensément ses émotions. Il est confus face à son rôle et il recherche
les moyens pour trouver les réponses aux questions qu’il se pose. Les
psychotropes font partie de ces moyens.
Ces substances sont souvent
associées à un état de pessimisme, de soucis, d’ennui, d’agressivité, de
frustration, d’impulsivité, de manque de confiance, de cynisme,
d’irresponsabilité et de non-satisfaction.
Il y a certes un lien à faire entre l’usage de ces psychotropes et le
comportement délinquant ou antisocial. D’ailleurs, plusieurs études
démontrent le lien entre la consommation excessive de psychotropes
et le comportement sexuel précoce, les faibles résultats scolaires,
l’indiscipline en classe, les problèmes familiaux et le décrochage
scolaire. Prendre des psychotropes permet à l’adolescent d’atteindre une
humeur inhabituelle ou d’oublier des sentiments inconfortables.
Ces substances stimulent et
affectent la capacité de l’utilisateur à sentir l’excitation ; or,
essentiellement, cette excitation est le fondement même qui provoque soit
l’angoisse, soit la joie chez l’individu. Voilà pourquoi l’usage de
psychotropes peut avoir un effet positif ou négatif.
Tout être humain est susceptible
d’utiliser des psychotropes. De nombreux facteurs peuvent jouer un rôle
significatif dans la prise et l’abus de ces substances. Nous les
distinguerons ultérieurement.
Néanmoins certains facteurs ne sont
aucunement déterminants quant à la consommation à l’adolescence.
Ainsi, en est-il de la classe sociale, du niveau de scolarité des parents,
du type d’emploi des parents, du sexe de l’usager, du type d’école
fréquentée (privée ou publique) et du type de famille (traditionnelle,
éclatée ou reconstituée), quoique certaines études démontrent que dans une
famille monoparentale dirigée par un homme, il y a tendance à y avoir plus
de consommation et de surconsommation.
(1) Sylvia
Liakhoff - Des âges critiques, p.35-36
Rédaction : Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie -
CENTRE L'ÉTAPE
(1999)
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