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DROGUES ET LÉGISLATIONS
La consommation de
drogues est un problème social préoccupant sous plusieurs aspects :
expansion, démocratisation, apparition de produits synthétiques,
importance du trafic international, criminalité accrue, etc... .
Plusieurs auteurs
estiment toutefois que ce problème ne devrait pas être isolé mais étudié
conjointement à d'autres problèmes sociaux tels l'alcoolisme, l'abus de
médicaments et du tabac, le suicide; ils vont même jusqu'à remettre en
question certaines certitudes telles le caractère nocif et criminogène de
l'usage des drogues, l'hypothèse de l'escalade et la nécessité de protéger
par des sanctions pénales les valeurs morales de la société.
Néanmoins, nous
pouvons constater qu'actuellement plusieurs pays ont des normes pénales
fort similaires en matière de drogues. Cela s'explique par le rôle capital
joué par la législation internationale. Un trait dominant concerne la
hausse régulière de la sévérité des peines quant au trafic. Mais cette
rigueur n'a à peu près pas permis de solutionner ce problème. Par
conséquent, au-delà de l'analyse des lois, il demeure important, pour
certains, d'étudier le contexte socioculturel, économique et politique de
ce problème afin d'y déceler les facteurs responsables de cette
problématique. Ceci aura pour effet de déterminer une nouvelle politique
sociale et non criminelle en matière de drogues.
Mais, avant d'en
arriver là, regardons l'évolution des législations en cette matière.
En Europe, au 8e siècle, on menaçait de peines sévères les
trafiquants de plantes stupéfiantes utilisées par les sorciers. Ainsi, «la
répression était basée non pas sur le critère nocif de ces substances sur
la santé individuelle ou collective, mais sur leurs liens avec des
cérémonies hérétiques d'origine ibère ou celtique, c'est-à-dire sur le
fait que cette utilisation allait à l'encontre de la doctrine catholique»
(1) (1).
En Amérique, les
historiens, missionnaires et soldats, rapportèrent que les indigènes
utilisaient diverses drogues dont plusieurs étaient inconnues en Europe.
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En janvier 1570,
le roi Philippe ll d'Espagne promulgua deux lois : la première prohibe
la vente de la coca. La deuxième, du fait que la coca enrichit
considérablement certaines personnes mais provoque des désordres
sérieux, contient des normes relativement au bon traitement à accorder
aux Indiens ainsi qu'à la comptabilité de la consommation de la coca.
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En 1614,
Philippe lll interdit aux Indiens la consommation de vin et
d'eau-de-vie. Mais toutes ces dispositions ne furent presque jamais
appliquées car, premièrement, l'indigène était considéré comme un être
inférieur au Blanc. Et deuxièmement, parce que le commerce de la coca
représentait une excellente affaire pour les marchands espagnols,
principalement les propriétaires de mines.
Cette situation
provoqua «l'affaiblissement et l'anéantissement de nombreux indiens qui
travaillaient dans les mines et devaient acheter des feuilles de coca au
lieu de nourriture afin de supporter, en les mâchant, le
travail épuisant qui leur était imposé» (2).
Ces quelques
exemples montrent bien que l'État intervenait principalement pour des
motifs religieux, et à un degré moindre pour des raisons sanitaires et
économiques.
Et dans tous
les cas, la conséquence était la même: puissance et enrichissement pour
certains, souffrance et domination pour les autres.
(1):
José M. Rico, Les législations sur les drogues,
Origine et Évolution, Psychotropes,vol. lll, no 1 p.70
(2): id., p.72 (3): id. p.69-72
Rédaction :
Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE
(1998) |
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