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SUIS-JE UN CONSOMMATEUR ABUSIF ?

Après avoir décrit
les symptômes qui permettent de diagnostiquer la dépendance aux produits
psychotropes, voyons maintenant les différents degrés quant à la sévérité
de cette dépendance.
Ainsi, nous
classifierons "dépendance faible" lorsqu’un individu présente les trois
symptômes requis pour faire un diagnostic de dépendance (voir:
Suis-je un consommateur dépendant ?), de
quelques symptômes supplémentaires et une faible détérioration dans son
fonctionnement au travail, lors d’activités sociales ou dans les relations
avec les autres. Par contre, nous le qualifierons de "dépendance sévère"
si les symptômes (en général, six et plus) interfèrent de façon
significative dans le fonctionnement de cet individu au travail, lors
d’activités sociales ou dans les relations avec les autres. Enfin, il y
aura "dépendance modérée" si les symptômes et la détérioration du
fonctionnement de l’individu se situent entre l’intensité "faible et
sévère".
Quand
pouvons-nous dire qu’il y a rémission partielle ou entière de la
dépendance ? Elle sera partielle si, au cours des six derniers
mois, il y a eu usage du produit et présence de symptômes de dépendance.
Elle sera entière si, au cours des six derniers mois, il n’y a eu aucun
usage de la substance, ou, s’il y a eu consommation du produit, il n’y a
eu aucun symptôme de dépendance.
Qu’en est-il
maintenant de la notion de consommation abusive de substances psychotropes
? L’abus de
substances psychotropes est un diagnostic résiduel s’appliquant aux
personnes qui, tout en subissant les conséquences néfastes reliées à leur
consommation de la substance (par exemple, arrestation pour conduite avec
facultés affaiblies) n’ont pas assez de symptômes pour qu’elles soient
diagnostiquées comme dépendantes.
Nous parlons
d’abus lorsque le consommateur fait un usage continu de la substance tout
en sachant qu’il a un problème persistant ou récurrent au niveau social,
occupationnel, psychologique ou physique qui est causé ou aggravé par
l’utilisation de substances psychotropes. Un diagnostic d’abus est aussi
établi lorsqu’il y a usage récurrent dans des situations où cela est
physiquement aventureux (par exemple, conduire en état d’ébriété).
Certains symptômes
des troubles devront persister depuis au moins un mois ou se manifester à
plusieurs reprises au cours d’une longue période. Enfin, le consommateur
ne devra jamais rencontrer les critères permettant de diagnostiquer une
dépendance aux substances psychotropes c’est-à-dire qu’il n‘aura pas les
trois critères minimaux précédemment cités. Par exemple, un party à la
cocaïne toutes les fins de semaines, suivi d’une absence d’un ou deux
jours pour cause de récupération ; ou encore, conduire toujours sa voiture
sous l’effet de l’alcool, mais sans avoir d’autres symptômes.
Certes, il peut
être très important de savoir si notre consommation est abusive, ou si
nous sommes dépendants d’une substance psychotrope; mais dans les deux
cas, une aide peut être apportée. Celle-ci sera d’autant plus facile et de
courte durée que la problème ne sera pas trop accentué.
Sources : Hélène Bélanger et Lise Roy, Modèles et théories du processus
d'assuétude, p.69-70.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE
L'ÉTAPE (1998)
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