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LE
CHOIX D'UN TRAITEMENT

Il y a de
multiples façons de devenir alcoolique et le passage du boire non
problématique à la dépendance à l'alcool doit être vue comme un continuum
dynamique et non comme une réalité irréversible.
Dans
cette perspective, le traitement doit tenir compte des différences entre
les personnes qui ont développé un problème d'alcool, notamment le degré
de gravité de leur dépendance, et l'existence d'autres problèmes qui
peuvent y être associés. Par exemple, le traitement de toxicomanes ayant
des troubles mentaux s'est amélioré par l'ajout de sessions de
psychothérapie.
Un traitement sera
d'autant plus efficace que le client aura reçu une quantité importante de
services, ceux-ci devant toutefois tenir compte de l'individu, de ses
forces et du degré de gravité des problèmes présentés.
Le choix d'un type
d'intervention associé au genre d'individu, ce que nous appelons
l'appariement, est fondamental. Il fait ressortir l'importance de bien
évaluer chaque personne et d'élaborer un plan de traitement individualisé.
Les besoins exprimés par le client et les demandes d'aide forment une
partie important du processus d'évaluation et d'un appariement efficace.
Évaluer aussi le contexte social du client et faire participer, au besoin,
sa famille et ses proches peut être aussi fort utile.
Néanmoins, le
traitement proposé doit tenir compte des éléments suivants :
Gravité du
problème : les clients dont l'alcoolisme est plus avancé semblent
profiter davantage d'un traitement intensif, quoique pas nécessairement
en établissement, alors que ceux qui ont des problèmes moins graves
profitent autant, sinon plus, d'interventions plus brèves.
Déterminants
cognitifs : les clients qui ont une source de détermination interne
réussissent mieux lorsqu'ils sont orientés vers une thérapie libre.
(Abramowitz
et al., 1974) (Abramowitz et al., 1974)
Problèmes vécus
: des problèmes particuliers qui surgissent sur les divers plans de la
vie quotidienne du client peuvent faire ressortir la nécessité
d'orienter celui-ci vers divers modes de traitement polyvalent. Par
exemple, offrir de la relaxation au client nerveux, ou des techniques de
recherche d'emploi pour celui qui en a besoin.
Choix personnel
: les clients qui choisissent eux-mêmes leur mode de traitement
semblent mieux accepter la thérapie, mieux la suivre et s'améliorer
comparativement aux clients à qui on a proposé une seule thérapie.
(Kissin et
al., 1971)
Estime de soi :
les clients qui ont une forte estime de soi réussissent mieux s'ils
suivent une thérapie de groupe alors que ceux qui ont très peu d'estime
de soi ont de très mauvais résultats avec cette thérapie.
(Sanchez-Craig et al.,
1984).
Ces constatations
nous amènent néanmoins à insister sur le fait que d'autres facteurs que
seulement l'efficacité i.e. une consommation réduite, seraient importants
à considérer au moment d'établir les critères d'appariement.
Source : Rapport de base de la stratégie canadienne antidrogue, p78-80.
Michel
Landry, Le traitement, Domrémy-Montréal, p.21-23.
Rédaction : Jean-Yves
Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE
(1999) |