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CONTEXTE ET DURÉE DU TRAITEMENT

Plusieurs
personnes s'interrogent sur la pertinence de suivre un traitement en
établissement - en général plus long et plus intensif - ou en externe -
moins intensif et moins coûteux. La croyance générale est à l'effet que le
premier est plus efficace que le second. Or, il n'en est rien.
En effet, aucune
étude ne confirme la supériorité du traitement en établissement par
rapport aux soins ambulatoires (externes). Les personnes qui reçoivent
un traitement à l'externe réussissent parfois beaucoup mieux. Ainsi,
certaines études assignaient au hasard des alcooliques à un traitement en
établissement de neuf semaines ou à un traitement externe de huit séances.
Aux suivis de six et de douze mois, les auteurs n'ont relevé aucune
différence importante quant aux résultats.
Un traitement
court est-il plus profitable qu'un traitement prolongé?
Chick et ses collègues ont publié une intéressante étude à cet effet en
1988. Ils ont comparé une séance d'information très brève (informer le
client, en présence d'un proche et en moins de cinq minutes qu'il a un
problème d'alcoolisme et que le seul traitement est de cesser toute
consommation) à une séance d'information plus complète (rencontre de 30 à
60 minutes avec un psychiatre qui les invitait en présence d'un proche, à
réfléchir sur le fait qu'il devait opérer un changement radical dans leur
consommation et aussi sur la façon d'y parvenir). Un troisième groupe
recevait un traitement prolongé, i.e. le même counselling qu'au dernier
groupe auquel on ajoutait un programme de désintoxication, ou encore il
pouvait participer à un programme de traitement thérapeutique axé sur le
groupe et le milieu d'une durée de deux à quatre semaines, en
établissement ou à l'externe. Cette étude a conclu que même si le
traitement prolongé a aidé à maintenir une diminution des problèmes liés à
l'alcoolisme, il n'a toutefois pas accru - par rapport au traitement court
- les chances d'atteindre une abstinence stable ou permit d'adopter une
consommation modérée stable. Par conséquent, le counselling prolongé ne
s'est pas révélé plus efficace qu'une simple séance d'information.
Puisqu'un
traitement externe plus court et moins intensif semble au moins - sinon
plus - aussi efficace qu'un traitement prolongé en établissement,
l'argument en faveur du traitement externe, ou de jour, repose
principalement sur un point de vue économique, celui-ci étant moins
coûteux.
Cependant,
certains groupes de patients peuvent nécessiter des soins en établissement
plus intensifs, particulièrement les personnes qui éprouvent des problèmes
plus graves.
Source : Rapport de base de la stratégie canadienne antidrogue, p.72-74
Rédaction : Jean-Yves
Cloutier, intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE (1998)
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