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MOTIVATION, THÉRAPEUTE ET TRAITEMENT

Dans le
traitement des personnes qui ont un problème de consommation de
psychotropes, la motivation du client et les caractéristiques personnelles
du thérapeute sont d'importants éléments à considérer.
Pour un grand
nombre de personnes, l'absence ou la présence de motivation chez le client
est déterminante dans l'issue du traitement. La motivation semblait alors
être une donnée statique et exclusive de la personne qui venait se faire
traiter. Des études ont alors suggéré que la motivation d'un sujet pouvait
évoluer et être influencée par les intervenants et les milieux de
traitement. Selon cette conception, la motivation devient alors un objet
d'intervention sur laquelle nous pouvons travailler afin de l'augmenter et
non plus un état statique à constater par le thérapeute et un moyen
d'écarter des sujets jugés plus résistants au changement.
Des recherches sur
ce qu'on pourrait appeler la "bonne" et la "mauvaise" motivation (cf
Anglin, 1990) ont démontré que des personnes qui se présentaient en
traitement suite à des pressions extérieures, réussissaient aussi bien que
ceux qui venaient plus volontairement. Puisque ces contraintes externes
contribuent à faire persévérer en traitement des personnes qui l'auraient
autrement abandonné, elles leur permettent néanmoins d'être suffisamment
en contact avec le traitement pour en subir les effets.
Une autre variable
à considérer dans le traitement a trait aux caractéristiques et aux
attitudes du thérapeute. Sa performance est une variable importante quant
à l'efficacité de chaque type de traitement. Ainsi, sa capacité
d'ajustement personnel, son optimisme, son intérêt à aider les autres, son
empathie sont des facteurs qui permettent de prédire l'amélioration du
client. D'autres caractéristiques comme ses croyances, sa personnalité, sa
formation, son expérience, son comportement, son style, sa perspective
thérapeutique sont des facteurs déterminants dans l'évaluation d'un
traitement donné.
Enfin, une étude
de Valle (1981) a démontré que plus le thérapeute faisait preuve
d'aptitudes en relations interpersonnelles (authenticité, respect et
objectivité), moins les clients étaient susceptibles de faire une rechute
et, dans les faits, faisaient moins de rechute aux suivis de six, douze et
vingt-quatre mois.
Sources : Michel Landry, Le traitement, Domrémy-Montréal, p.25-26.
Rapport de base de la stratégie canadienne antidrogue, p.60.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier,
intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE (1998)
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