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THÉRAPIES DIVERSES

Il existe plusieurs
façons de traiter une personne qui a un problème de d'alcoolisme et/ou de
toxicomanie. Voici une brève présentation des principales approches
thérapeutiques.
On peut la définir
comme tout traitement qui comporte l'administration d'un médicament pour
aider à régler des problèmes de toxicomanie. Par exemple, certains
médicaments - comme
Antabuse® (disulfirame) et Temposil® pour le traitement de
l'alcoolisme - causent une réaction physique indésirable lorsqu'ils sont
combinés avec l'alcool. Il y a afflux de chaleur et de sang au visage,
douleurs thoraciques, palpitations, nausées, transpiration, chute marquée
de la tension artérielle, etc. Ce mode de traitement n'est pas utilisé de
façon systématique mais dans certains cas seulement.
Chez certains
patients motivés, acceptant de prendre un médicament tous les jours, la
Naltrexone (Revia ®) peut être un élément clé d'un programme
thérapeutique complet. Le naltrexone est un médicament qui, à l'origine, a
été mis au point pour traiter la dépendance aux opioïdes comme l'héroïne.
Aujourd'hui, on utilise aussi le naltrexone dans le traitement de la
dépendance à l'alcool. Il est un outil efficace dans un programme de
traitement incluant thérapie et soutien.
Dans le traitement
des héroïnomanes, plusieurs intervenants proposent de la méthadone qui est
un psychotrope synthétique. Celle-ci a un effet positif quant à une plus
grande fidélité au traitement, améliore la santé, amène une baisse de la
consommation de drogues illégales, tend à réduire les activités
criminelles, etc.; puisque les drogues injectables sont un mode de
transmission du VIH, l'administration de la méthadone réduit aussi le
risque d'une infection au VIH et de contracter ultérieurement le sida.

Celle-ci est une
thérapie psychanalytique axée sur l'introspection. D'après ce modèle, les
problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie sont des symptômes latents, par
exemple une fixation orale ou une homosexualité latente ; le traitement
devrait s"attacher au conflit plutôt qu'au symptôme. Ainsi, en résolvant
le conflit vécu intérieurement par le consommateur, le symptôme, i.e.
l'alcoolisme ou la toxicomanie, disparaîtrait.
La psychothérapie
est habituellement un traitement de longue haleine ; les recherches
actuelles qui portent sur les interventions à court et à long terme
tendent à favoriser les traitements à court terme en raison de leur
rentabilité. À en juger par les données disponibles, on ne recommande pas
la psychothérapie, surtout en raison de la complexité du traitement, de la
nécessité d'avoir des conseillers très spécialisés, de la durée et du coût
du traitement.

L'éducation est
l'une des caractéristiques les plus communes des programmes de traitement
de l'alcoolisme et de la toxicomanie. Les moyens utilisés comprennent les
exposés, les films, les conférences, les discussions sur l'alcool, les
drogues, etc. .
Or des évaluations
contrôlées n'ont pas réussi à prouver l'efficacité des programmes
éducatifs sur l'alcoolisme et les autres toxicomanies en ce qui concerne
la modification des comportements de consommation et à la résolution des
problèmes connexes. À la lumière de ces données, nous pouvons facilement
remettre en question la grande ferveur que connaît actuellement le
traitement par l'approche éducative.

L'idée que les
alcooliques et les toxicomanes doivent être confrontés à la réalité de
leurs problèmes et qu'il s'agit là d'une pratique thérapeutique est très
répandue. La technique de confrontation n'a fait l'objet d'aucune
évaluation contrôlée. Cependant, certaines données nous révèlent qu'un
intervenant qui adopte une attitude hostile dans une thérapie de groupe
peut produire plus d'effets négatifs qu'en employant une autre technique
d'animation. Le principal danger est à l'effet que le client risque
d'abandonner le traitement et de perdre son estime de soi. Cette
expérience est aussi une grande source de stress et mène souvent à la
dépression.

La famille peut
avoir un impact considérable dans le traitement de l'alcoolisme ou de la
toxicomanie. La majorité des recherches ont porté sur les buveurs
intempérants. Ainsi, McCrady, et ses collègues (1986) ont comparé
l'efficacité des trois types de participation du conjoint au traitement
externe de l'alcoolisme. Dans le premier cas, le conjoint devait faire
preuve de compréhension et de soutien envers le buveur intempérant. Dans
le second groupe, on enseignait au conjoint à renforcer l'abstinence du
consommateur de même qu'un certain nombre d'autres aptitudes. Dans le
troisième groupe, on offrait du counselling conjugal. Les sujets des trois
groupes ont eu des résultats positifs accompagnés d'une diminution de la
consommation d'alcool. Ils étaient plus satisfaits quant à leur situation,
à leur vie conjugale, etc. Enfin, les membres du troisième groupe
semblaient avoir obtenu de meilleurs résultats.
De façon globale,
différentes études suggèrent qu'une thérapie conjugale et familiale axée
sur le comportement est un traitement intéressant au traitement de
l'alcoolisme, du moins à court terme.
En ce qui concerne
les autres toxicomanies, il y a très peu de données. Cependant Stanton et
coll. (1982), dans le cadre d'une étude contrôlée avec des héroïnomanes de
sexe masculin, a remarqué que la thérapie familiale s'est révélée plus
efficace que la thérapie individuelle ou que le groupe de contrôle.

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THÉRAPIE COMPORTEMENTALE
Cette
thérapie vise, par divers moyens, à changer le comportement du
consommateur.
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Thérapie par aversion
Elle cherche à supprimer les habitudes de consommation en
inculquant une aversion ou un dégoût pour l'alcool. Par exemple,
projeter des images accompagnées de suggestions associant l'alcool
avec la nausée, des vomissements, etc. Les résultats sont
prometteurs dans certaines évaluations contrôlées (Elkins,
1980).
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Expositions aux stimulis
Cette méthode consiste à donner aux buveurs gravement dépendants
une première dose d'alcool très forte et ensuite à les empêcher de
boire tout en les soumettant à des stimulis, comme par exemple,
leur faire tenir un verre et humer de l'alcool. Cette méthode a eu
des résultats encourageants pour l'alcool, et semble prometteuse
quant à l'état de besoin des héroïnomanes. (Childress
et coll., 1980)
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Modification des facteurs externes
Le programme d'appui communautaire représente la méthode de
gestion des facteurs externes la plus étendue et la plus
encourageante. Elle consiste à encourager le client à cesser de
boire tout en l'appuyant dans d'autres aspects de sa vie, y
compris les liens familiaux et conjugaux, l'emploi et les
aptitudes sociales. L'objectif est de modifier les circonstances
sociales qui incitent à consommer de l'alcool ou à s'en abstenir.
Ce programme semble particulièrement avantageux pour les personnes
qui jouissent d'un appui social moindre et qui éprouvent des
problèmes chroniques (Azrin et coll., 1982)
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Formation en
maîtrise du comportement
La méthode consiste à aider les personnes à contrôler leurs
habitudes de consommation, d'abord en leur apprenant à surveiller
étroitement leurs habitudes, en les analysant afin de découvrir
les antécédents de consommation intempérants, puis en élaborant
une série de règles pour contrôles la consommation future. |
Les résultats
obtenus ont été très positifs chez les personnes qui commencent à
éprouver des problèmes par suite de leur consommation d'alcool.
(Miller, 1978)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE |
L'association
Alcooliques Anonymes est le groupe d'entraide le mieux établi et le
plus connu. Les chercheurs ne s'entendent pas quant à l'efficacité du
mouvement. Cependant, des études font ressortir le besoin d'étudier de
plus près les types de personnes pour lesquelles le programme AA semble
le mieux adapté. Il semble plus efficace pour les personnes qui
acceptent de se soumettre à l'autorité, qui ont des besoins de
dépendance et d'appartenance plus forts, qui éprouvent des problèmes
plus graves par suite de leur consommation, qui ont moins de scolarité
ou une incidence de maladies mentales moins élevée. Néanmoins, étant
donné leur accessibilité, l'importance de l'appui social, l'efficacité
de l'approche en 12 étapes et leur gratuité, on devrait promouvoir le
recours aux organismes comme les AA. D'un autre côté, il faut
reconnaître que ces méthodes ne conviennent pas à tous les
alcooliques et toxicomanes.
Sources : Rapport de base
de la stratégie canadienne antidrogue.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier,
intervenant en toxicomanie
CENTRE L'ÉTAPE (1998) |
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