CENTRE COMMUNAUTAIRE D'INTERVENTION EN DÉPENDANCE
Promotion de la santé - Prévention de la toxicomanie

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SUR LE WEB DEPUIS 1997

 

THÉRAPIES  DIVERSES

Il existe plusieurs façons de traiter une personne qui a un problème de d'alcoolisme et/ou de toxicomanie. Voici une brève présentation des principales approches thérapeutiques. 

Pharmacothérapie

Psychothérapie

Thérapie conjugale et familiale

Thérapie comportementale

Confrontation

Programmes d'éducation

Groupes d'entraide

  

PHARMACOTHÉRAPIE

On peut la définir comme tout traitement qui comporte l'administration d'un médicament pour aider à régler des problèmes de toxicomanie. Par exemple, certains médicaments  - comme Antabuse® (disulfirame) et Temposil®  pour le traitement de l'alcoolisme - causent une réaction physique indésirable lorsqu'ils sont combinés avec l'alcool. Il y a afflux de chaleur et de sang au visage, douleurs thoraciques, palpitations, nausées, transpiration, chute marquée de la tension artérielle, etc. Ce mode de traitement n'est pas utilisé de façon systématique mais dans certains cas seulement.

Chez certains patients motivés, acceptant de prendre un médicament tous les jours, la Naltrexone (Revia ®) peut être un élément clé d'un programme thérapeutique complet. Le naltrexone est un médicament qui, à l'origine, a été mis au point pour traiter la dépendance aux opioïdes comme l'héroïne. Aujourd'hui, on utilise aussi le naltrexone dans le traitement de la dépendance à l'alcool.  Il est un outil efficace dans un programme de traitement incluant thérapie et soutien.

Dans le traitement des héroïnomanes, plusieurs intervenants proposent de la méthadone qui est un psychotrope synthétique. Celle-ci a un effet positif quant à une plus grande fidélité au traitement, améliore la santé, amène une baisse de la consommation de drogues illégales, tend à réduire les activités criminelles, etc.; puisque les drogues injectables sont un mode de transmission du VIH, l'administration de la méthadone réduit aussi le risque d'une infection au VIH et de contracter ultérieurement le sida.

PSYCHOTHÉRAPIE

Celle-ci est une thérapie psychanalytique axée sur l'introspection. D'après ce modèle, les problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie sont des symptômes latents, par exemple une fixation orale ou une homosexualité latente ; le traitement devrait s"attacher au conflit plutôt qu'au symptôme. Ainsi, en résolvant le conflit vécu intérieurement par le consommateur, le symptôme, i.e. l'alcoolisme ou la toxicomanie, disparaîtrait.

La psychothérapie est habituellement un traitement de longue haleine ; les recherches actuelles qui portent sur les interventions à court et à long terme tendent à favoriser les traitements à court terme en raison de leur rentabilité. À en juger par les données disponibles, on ne recommande pas la psychothérapie, surtout en raison de la complexité du traitement, de la nécessité d'avoir des conseillers très spécialisés, de la durée et du coût du traitement.

PROGRAMMES D'ÉDUCATION 

L'éducation est l'une des caractéristiques les plus communes des programmes de traitement de l'alcoolisme et de la toxicomanie. Les moyens utilisés comprennent les exposés, les films, les conférences, les discussions sur l'alcool, les drogues, etc. .

Or des évaluations contrôlées n'ont pas réussi à prouver l'efficacité des programmes éducatifs sur l'alcoolisme et les autres toxicomanies en ce qui concerne la modification des comportements de consommation et à la résolution des problèmes connexes. À la lumière de ces données, nous pouvons facilement remettre en question la grande ferveur que connaît actuellement le traitement par l'approche éducative.

CONFRONTATION

L'idée que les alcooliques et les toxicomanes doivent être confrontés à la réalité de leurs problèmes et qu'il s'agit là d'une pratique thérapeutique est très répandue. La technique de confrontation n'a fait l'objet d'aucune évaluation contrôlée. Cependant, certaines données nous révèlent qu'un intervenant qui adopte une attitude hostile dans une thérapie de groupe peut produire plus d'effets négatifs qu'en employant une autre technique d'animation. Le principal danger est à l'effet que le client risque d'abandonner le traitement et de perdre son estime de soi. Cette expérience est aussi une grande source de stress et mène souvent à la dépression.

THÉRAPIE CONJUGALE ET FAMILIALE

La famille peut avoir un impact considérable dans le traitement de l'alcoolisme ou de la toxicomanie. La majorité des recherches ont porté sur les buveurs intempérants. Ainsi, McCrady, et ses collègues (1986) ont comparé l'efficacité des trois types de participation du conjoint au traitement externe de l'alcoolisme. Dans le premier cas, le conjoint devait faire preuve de compréhension et de soutien envers le buveur intempérant. Dans le second groupe, on enseignait au conjoint à renforcer l'abstinence du consommateur de même qu'un certain nombre d'autres aptitudes. Dans le troisième groupe, on offrait du counselling conjugal. Les sujets des trois groupes ont eu des résultats positifs accompagnés d'une diminution de la consommation d'alcool. Ils étaient plus satisfaits quant à leur situation, à leur vie conjugale, etc.  Enfin, les membres du troisième groupe semblaient avoir obtenu de meilleurs résultats.

De façon globale, différentes études suggèrent qu'une thérapie conjugale et familiale axée sur le comportement est un traitement intéressant au traitement de l'alcoolisme, du moins à court terme.

En ce qui concerne les autres toxicomanies, il y a très peu de données. Cependant Stanton et coll. (1982), dans le cadre d'une étude contrôlée avec des héroïnomanes de sexe masculin, a remarqué que la thérapie familiale s'est révélée plus efficace que la thérapie individuelle ou que le groupe de contrôle.

THÉRAPIE COMPORTEMENTALE
Cette thérapie vise, par divers moyens, à changer le comportement du consommateur.

Thérapie par aversion 
Elle cherche à supprimer les habitudes de consommation en inculquant une aversion ou un dégoût pour l'alcool. Par exemple, projeter des images accompagnées de suggestions associant l'alcool avec la nausée, des vomissements, etc. Les résultats sont prometteurs dans certaines évaluations contrôlées (Elkins, 1980).

Expositions aux stimulis 
Cette méthode consiste à donner aux buveurs gravement dépendants une première dose d'alcool très forte et ensuite à les empêcher de boire tout en les soumettant à des stimulis, comme par exemple, leur faire tenir un verre et humer de l'alcool. Cette méthode a eu des résultats encourageants pour l'alcool, et semble prometteuse quant à l'état de besoin des héroïnomanes. (Childress et coll., 1980)

Modification des facteurs externes 
Le programme d'appui communautaire représente la méthode de gestion des facteurs externes la plus étendue et la plus encourageante. Elle consiste à encourager le client à cesser de boire tout en l'appuyant dans d'autres aspects de sa vie, y compris les liens familiaux et conjugaux, l'emploi et les aptitudes sociales. L'objectif est de modifier les circonstances sociales qui incitent à consommer de l'alcool ou à s'en abstenir. Ce programme semble particulièrement avantageux pour les personnes qui jouissent d'un appui social moindre et qui éprouvent des problèmes chroniques (Azrin et coll., 1982)

Formation en maîtrise du comportement

La méthode consiste à aider les personnes à contrôler leurs habitudes de consommation, d'abord en leur apprenant à surveiller étroitement leurs habitudes, en les analysant afin de découvrir les antécédents de consommation intempérants, puis en élaborant une série de règles pour contrôles la consommation future.

Les résultats obtenus ont été très positifs chez les personnes qui commencent à éprouver des problèmes par suite de leur consommation d'alcool. (Miller, 1978)

 

LES GROUPES D'ENTRAIDE

L'association Alcooliques Anonymes est le groupe d'entraide le mieux établi et le plus connu. Les chercheurs ne s'entendent pas quant à l'efficacité du mouvement. Cependant, des études font ressortir le besoin d'étudier de plus près les types de personnes pour lesquelles le programme AA semble le mieux adapté. Il semble plus efficace pour les personnes qui acceptent de se soumettre à l'autorité, qui ont des besoins de dépendance et d'appartenance plus forts, qui éprouvent des problèmes plus graves par suite de leur consommation, qui ont moins de scolarité ou une incidence de maladies mentales moins élevée. Néanmoins, étant donné leur accessibilité, l'importance de l'appui social, l'efficacité de l'approche en 12 étapes et leur gratuité, on devrait promouvoir le recours aux organismes comme les AA. D'un autre côté, il faut reconnaître que  ces méthodes ne conviennent pas à tous les alcooliques et toxicomanes.

Sources : Rapport de base de la stratégie canadienne antidrogue.
Rédaction : Jean-Yves Cloutier, intervenant  en toxicomanie  CENTRE L'ÉTAPE (1998)

 
 
 

   Mise à jour : 10 août, 2011