CENTRE COMMUNAUTAIRE D'INTERVENTION EN DÉPENDANCE
Promotion de la santé - Prévention de la toxicomanie

 
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ECSTASY
DROGUE DE SYNTHÈSE

Noms MDMA  (3,4-méthylène-dioxy-méthamphétamine) 

Noms de rue:
Adam - Air ball - Blue Jay - Californian Sunset - Clarity - Dove - E - Es - Earth Ball -  Empathy - Hug-Drug - Fantasy - Paradise - Love drug (pilule d'amour) - M&M, MDM, MDMA -   X - XTC - Yuppie Drug - Venus - Zen 

Propriétés : 
Psychotrope perturbateur, modifiant les perceptions de l'usager sans pour autant créer d'hallucinations, possédant une composante stimulante.

description - effets à court terme - effets à long terme 
Risques importants  - 
Test de dépistage

Revue de presse : «Mort de jeunes consommateurs»

DESCRIPTION

Les drogues de synthèse ou  "designer drugs"  ne sont  fabriquées dans le secret de laboratoires clandestins que pour des raisons purement commerciales et récréatives. C'est le cas de l'ecstasy qui n'a aucun usage médical et  ne se vend qu'au marché noir.

Les drogues de synthèse  sont composées de molécules apparentées à la MDMA,  une structure chimique proche de l'adrénaline ou de l'éphédrine, de psychostimulants (amphétamine), de perturbateurs qui modifient les perceptions sensorielles dont le PCP et des hallucinogènes (LSD,  kétamine), d’autres stimulants comme la caféine, des anabolisants (testostérone), des analgésiques et des substances inactives comme des sucres.

Dans certaines classifications de drogues, il arrive que l’on retrouve la MDMA (ecstasy) dans la catégorie des stimulants.  Bien qu’étant un dérivé de l’amphétamine, la MDMA détient un profil pharmacologique très différent, de par notamment, ses propriétés hallucinogènes. La MDMA est une molécule apparentée aux amphétamines tout en possédant la faculté de perturber les sens. Ainsi, elle est considérée comme étant un hallucinogène stimulant.

On retrouve l'ecstasy dans la plupart des soirées de danse "party raves". Les jeunes en consomment de 50 à 150 mg  au début, mais la tolérance s'installe rapidement et plusieurs utilisateurs augmentent les doses  au fil des semaines ou des mois d'usage. Au cours des "raves" qui se prolongent quelques jours, l'ecstasy est parfois  consommé aux trois heures.   

Vendues entre 30 $ et 40 $,  il est impossible de savoir si l’on consomme vraiment ce que l’on a acheté. Le logo représenté sur les quelques 250 types différents de pilules d'ecstasy identifiés dans le monde, n'indique ni une composition spécifique, ni une concentration définie. 

Compte tenu du fait que les pilules ou capsules contiennent  plusieurs substances psychotropes, il est très difficile de prédire de façon précise les effets et de les relier à une concentration précise de l’un ou l’autre des dérivés de l’amphétamine.

L'ecstasy est contre-indiqué aux  personnes asthmatiques, diabétiques, qui font de l'hypertension, sujet à des crises d'épilepsie, qui ont des des problèmes cardiaques ou des troubles psychiatriques.  

DES RISQUES IMPORTANTS

Mis à part ces problèmes de ‘’contrôle de la qualité’’, la consommation d’ecstasy peut conduire à des problèmes de santé importants. L’ecstasy entraîne une élévation importante de la température corporelle, de la déshydratation, des nausées et de l’épuisement.  Ces effets secondaires se compliquent dans le contexte d’un rave-party. En effet, l’événement se caractérise  par une activité physique intense durant une très longue période, et ce, dans une atmosphère surchauffée.  Ces complications sont donc parfois très graves et peuvent nécessiter une hospitalisation.  

Malheureusement, les problèmes les plus importants et les plus dangereux sont certainement les effets de la drogue sur le fonctionnement à long terme du cerveau. On sait maintenant depuis plus de 15 ans que la consommation répétée d’ecstasy entraîne une destruction des terminaisons sérotominergiques et dopaminergiques du cerveau qui amène sur le plan psychologique des conséquences s’apparentant aux problèmes de santé mentale dont la dépression, les fluctuation de l’humeur, les problèmes de concentration et de mémoire. Notons également que la destruction des terminaisons dopaminergiques prédisposerait à la maladie de Parkinson.  

Au niveau  physiologique, les symptômes observés sont des pertes de poids, des tics, des tremblements ainsi que des infections qui peuvent être plus fréquents. Évidemment, la fréquence et le nombre de ces symptômes sont en relation directe avec la fréquence de consommation et les doses consommées. 

EFFETS  À COURT TERME

Les effets se manifestent généralement 30 minutes après l'ingestion avec un "rush" ou "pointe" stimulant que certains comparent aux effets de la cocaïne. Cette période de pointe se transforme en euphorie qui peut persister de 3 à 6 heures, suivie d'une diminution graduelle de l'effet.

L'ecstasy produit  : une levée des inhibitions, un sentiment de bonheur, de bien-être physique et mental.  Elle stimule, détend, augmente la confiance en soi et modifie les perceptions. Elle est également censée faciliter les contacts entre les personnes, réputation qui lui a valu le surnom de " pilule de l’amour ".

Augmentation de la température corporelle,

Vision brouillée

Tension musculaire,

Hypertension,

Sueur et déshydratation,

Modification de la libido,

Des problèmes d'hydratation excessive ou insuffisante ont été signalés. Dans les «raves», les participants devraient maintenir une consommation d'eau continuelle (500 ml /heure).

Ces symptômes peuvent être aggravés par les conditions ambiantes telles que la chaleur, des vêtements trop chauds, l'absence de consommation de liquides autres que l'alcool. 

EFFETS  À LONG TERME

La consommation d'ecstasy peut entraîner, à plus ou moins long terme, des effets tels que : dépression, anxiété, insomnie, perte de mémoire, amaigrissement, problèmes dentaires. Cela peut parfois aller jusqu'à la confusion mentale ou aux troubles de la personnalité.

Plusieurs utilisateurs rapportent souffrir d'insomnie, de lassitude et de fatigue au cours des 48 heures qui suivent la consommation de MDMA. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés après ingestion de doses non-toxiques de MDMA sont :

sécheresse de la bouche,

crispation des muscles de la mâchoire

grincements des dents,

sudation et nausées

insuffisance rénale

humeur dépressive

perte d'appétit

irritabilité,

angoisses et états confusionnels peuvent apparaître

D'autres effets tels que les tremblements, les crampes, l’hyperthermie (de la fièvre), des nausées, des maux de tête peuvent se faire ressentir. Par ailleurs, l'ecstasy s'associe mal avec l'alcool qui potentialise les effets de ce produit.

 

TEST DE DÉPISTAGE

La MDMA et son métabolite principal, la MDA,  peuvent être identifiés et quantifiés pendant 24 heures dans les milieux biologiques tels que le sang, la salive et la sueur.

Les deux tiers du MDMA sont éliminés tel quel dans l'urine dès leur passage dans les reins. Après 24 heures, il ne reste que 3% du produit dans l'organisme. 

Cependant, les analyses d’urine et de sang pourront révéler jusqu’à  trois jours,  la présence d’autres substances qui composent,  l’ecstasy : des molécules apparentées à la MDMA, une structure chimique proche de l'adrénaline ou de l'éphédrine,  les psychostimulants (amphétamine), les perturbateurs qui modifient les perceptions sensorielles dont le PCP et des hallucinogènes (LSD,  kétamine), d’autres stimulants comme la caféine, des anabolisants (testostérone), et des analgésiques

Sources :
 
Peterson, R. (1996). "Ecstasy" -Synthèse documentaire et pistes de prévention. Saint-Charles-Borromée, Québec. Direction de la santé publique de Lanaudière (fichier PDF

 ECSTASY - Risque Dopaminergique -Dr Véronique NGUYEN, «Science» du 27 septembre 2002

 

REVUE DE PRESSE

Mort de jeunes consommateurs
Les États-Unis inquiets devant l'ecstasy
Martha Irvine  (Associated Press, Chicago)

Dimanche 29 avril 2001

Un mort après une fête dans la banlieue de Chicago. Deux de plus à Memphis et deux autres à Portland (Oregon). Les conséquences fatales de la consommation d'ecstasy -une drogue assimilée par certains au LSD des années 90- ne laissent pas d'inquiéter les autorités américaines, d'autant que les consommateurs sont de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreux.

«C'est vraiment le truc dans le vent», confie Michelle, une adolescente de 19 ans qui vient d'intégrer un centre de désintoxication à Millbrooke (État de New York) après deux ans de consommation. «Tout le monde peut s'en procurer n'importe où, n'importe quand», ajoute la jeune femme qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

Traditionnellement associée au milieu techno et aux raves, l'ecstasy est de plus en plus disponible dans les écoles et au coin de la rue. Mise au point en 1914 en Allemagne sous le nom pharmacologique de MDMA (méthylènedioxymétamphétamine), cette substance fut utilisée par les psychiatres américains dans les années 70, avant de se transformer en drogue récréative vers la fin des années 80 en Europe occidentale. Procurant une sensation d'euphorie et de sociabilité, elle peut ensuite entraîner une déshydratation, ainsi qu'une augmentation de la tension, du rythme cardiaque et de la température corporelle. D'où des accidents mortels.

Selon une enquête réalisée en février dernier par le Centre national sur les abus de stupéfiants et la dépendance (NCASA), un adolescent américain sur quatre avouait connaître un ami ou un camarade de classe qui avait pris de l'ecstasy, tandis que 17% disaient même connaître plusieurs consommateurs.

Aux urgences de l'hôpital Saint-Vincent de Manhattan, le Dr Vasilios Pitsios explique avoir soigné ces derniers mois des jeunes arrivés inconscients dont certains avaient 14 ans. Au moins deux d'entre eux sont morts. Le praticien avoue avoir évoqué franchement le problème avec ses patients. «Mais combien de temps ils s'en souviendront? Probablement peu», se désole-t-il.

D'autres, y compris les consommateurs, préfèrent observer une attitude pragmatique. Au lieu d'encourager les gens à ne pas en prendre, ils préfèrent les exhorter à en prendre moins et dans de meilleures conditions. «Il est évident que la tolérance zéro ne marche pas», affirme ainsi Andrew Epstein, un étudiant de l'Amherst College (Massachusetts) qui a organisé cette semaine une réunion d'information sur le campus.

Lors de ce séminaire, les participants ont notamment demandé aux jeunes consommateurs de boire un maximum d'eau et d'éviter d'avaler plusieurs «pilules de l'amour» dans la même soirée. Andrew Epstein avoue avoir essayé lui-même l'ecstasy à l'âge de 17 ans, avant de réduire sa consommation à deux-trois pilules par an.

Steve Svoboda, un concepteur de sites Internet âgé de 24 ans, reconnaît avoir fait de même. Ce jeune homme anime aujourd'hui la branche à Chicago de l'association DanceSafe qui milite pour une consommation maîtrisée. «Si l'ecstasy est consommée avec parcimonie et si les gens en connaissent les risques, je pense que la dangerosité diminuera d'autant», assure-t-il.

Comme d'autres le font déjà en Europe, l'association DanceSafe propose aux jeunes d'analyser les pilules qu'on leur a vendues, car celles-ci baptisées «X», «E», «Venus», Californian Sunset» ou «XTC» sont loin de ne contenir que du MDMA pur. En février dernier, la police du comté de Fairfax en Virginie a confisqué des centaines de pilules coupées au PCP, un puissant hallucinogène (phencyclidine) parfois appelé poussière d'ange.

 

 

 

 

 

   Mise à jour : 10 août, 2011