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LE
RITALIN ET SES EFFETS À LONG TERME
La
controversée question du Ritalin (méthylphénidate) confond toutes les
personnes impliquées dans son utilisation : médecins, éducateurs, parents
et enfants. Si beaucoup de médecins reconnaissent l'utilité du Ritalin
dans certains cas, plusieurs n'en sont pas moins convaincus qu’il s’en
prescrit trop. Il est sans conteste que le méthylphénidate peut
représenter, pour certains élèves, la différence cruciale entre un échec
aux examens ou sa réussite parce que l’enfant peut rester assis
suffisamment longtemps. Par ailleurs, il faut reconnaître que pour ceux
qui n'en ont pas vraiment besoin, les stimulants ne sont pas seulement
inutiles mais qu'ils peuvent être très dommageables.
Une bonne
utilisation du Ritalin repose donc essentiellement sur la qualité du
diagnostic et sur une bonne compréhension du TDA-H. Peut-on alors
justifier l'augmentation du nombre d'enfants qui prennent régulièrement du
Ritalin par le fait que les médecins, mieux informés, reconnaissent plus
facilement le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité
motrice (TDA-H) lorsqu'ils
sont en présence d'un enfant qui en démontre les symptômes ? Ou est-ce que
la vie en société est tellement infernale que les adultes n'ont plus la
patience nécessaire pour supporter leur enfants ?
Des professeurs -
parfois au préscolaire - et des psychologues scolaires trop sollicités se
sentent souvent pressés, avant même de commencer une évaluation, de
recommander le recours aux médicaments et poussent les parents d'enfants
actifs à leur faire prescrire du Ritalin. Aux États-Unis, on estime que
près de la moitié des enfants qui sont envoyés en consultation pour TDA-H
souffrent de toutes sortes d'autres problèmes tels que les troubles
d'apprentissage, dépression ou anxiété, dont les manifestations
ressemblent au TDA-H mais qui ne nécessitent pas de Ritalin.
La question
fondamentale est de savoir quelles sont les conséquences pour l'enfant de
l’hyperactivité non traitée et les effets secondaires de la médication
chez ce dernier.
En effet, on a
constaté que les enfants ayant un TDA-H présentent un risque augmenté de
toxicomanie, d’alcoolisme, de personnalité antisociale, de troubles de
somatisation et de délinquance. Heureusement, il semble qu'un traitement
précoce soit bénéfique et diminue le risque de problèmes à l'adolescence
ou à l'âge adulte.
Le traitement du
TDA-H est un sujet de recherche d'intérêt majeur. La pharmacothérapie est
le traitement dont les effets sont les plus rapides. Cependant, bien que
l'on connaisse les effets à court terme des médicaments sur le
comportement, leurs effets à long terme sur l'apprentissage et la réussite
sont moins bien définis.
Les traitements non
médicamenteux doivent faire partie du plan de traitement. Ils incluent une
thérapie cognitive-comportementale, l'apprentissage au comportement social
adapté et, pour les parents, une formation traitant des techniques de
prise en charge de l'enfant ayant un TDA-H. En conséquence, même si les
stimulants peuvent avoir un effet bénéfique sur l'inattention et sur
l'hyperactivité/impulsivité, et permettre une amélioration du
comportement et des résultats scolaires chez 60 à 80% des enfants ayant un
TDA-H, on ne devrait jamais faire de la médication la seule thérapie
entreprise pour aider l'enfant.
Le méthylphénidate (Ritalin)
est le stimulant le plus souvent prescrit pour le contrôle du TDA-H mais
d'autres stimulants tels que la dextroamphétamine et la pémoline peuvent
aussi être prescrits lorsque le méthylphénidate n'est pas efficace. Bien
que certains enfants puissent bénéficier du traitement au Ritalin, ses
effets secondaires soulèvent
des inquiétudes.
Parmi les effets
secondaires les plus fréquents du Ritalin, mentionnons l’insomnie,
l’irritabilité, les douleurs abdominales, la diminution de l'appétit et la
perte de poids, l’augmentation du rythme cardiaque et de la tension
artérielle. Ces effets secondaires sont généralement bénins et peuvent
être contrôlés en ajustant la dose et l'horaire d'administration.
Même si l'on connaît
les effets secondaires à court terme du méthylphénidate, ses effets à long
terme soulèvent beaucoup d'inquiétudes chez les parents des enfants ayant
un TDA-H. Ainsi, le potentiel
d'abus des stimulants est bien connu et il existe un important marché noir
pour le Ritalin. Il est donc naturel de s'interroger sur le risque de
dépendance physique ou psychologique qu'il peut entraîner chez l'enfant
qui en consomme quotidiennement.
La dépendance aux
stimulants - qui est due à l'euphorie intense produit par le médicament -
est surtout psychologique Les
symptômes physiques lors du sevrage sont beaucoup moins importants que les
symptômes psychologiques. Cependant, étant donné les doses utilisées pour
le traitement du TDA-H, le Ritalin ne devrait pas causer suffisamment
d'euphorie pour entraîner le développement de la dépendance. On observe
aussi d'autres effets à long terme tels que les tics faciaux et le retard
de croissance. Ces symptômes peuvent nécessiter l'arrêt du traitement si
les inconvénients sont plus importants que les bénéfices du traitement.
Source:
Lyse Lefebvre, pharmacienne, Centre de toxicologie du Québec :
Bulletin
d'information toxicologique, vol.12, no 1, avril 1996
Rédaction : Centre L'Étape_novembre 2001
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