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Lutte contre la drogue
Des signes de progrès, estime l'ONU
Agence France-Presse, Vienne  27 janvier 2001

La lutte contre la cocaïne et l'héroïne, qui constituent «les deux premiers problèmes de drogue» dans le monde, a marqué des points, a annoncé l'ONU en dénonçant les trois premiers producteurs, l'Afghanistan, la Birmanie et la Colombie.

Environ 180 millions de personnes consomment de la drogue dans le monde, soit 3% de la population mondiale, selon un rapport sur les drogues dans le monde, présenté cette semaine au siège de l'ONU à Vienne par le Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID). «Il y a des signes de progrès», a résumé un haut responsable du PNUCID, Sandeep Chawla.

Il a notamment précisé que «le nombre de pays producteurs de drogues s'est réduit de façon significative au cours des années 90».

Le PNUCID assure que la liste des pays producteurs n'a jamais été aussi «limitée», l'Afghanistan et la Birmanie comptant «à eux deux pour 90% de la production totale illicite d'opium», et la Colombie étant «responsable à elle seule des deux tiers de la production de feuilles de coca», selon cet organe onusien de lutte contre la drogue.

Les consommateurs de drogue représentent 180 millions de personnes dans le monde, soit 3% de la population mondiale ou encore 4,2% des personnes âgées d'au moins 15 ans, c'est-à-dire en âge de se droguer, selon l'ONU.

Ils consomment essentiellement du cannabis (144 millions de consommateurs), des stimulants aux amphétamines (20 millions), de la cocaïne (14 millions) et des opiacés (13,5 millions dont neuf millions d'héroïnomanes).

L'addition de ces différents types de consommateurs dépasse le chiffre de 180 millions car des toxicomanes consomment plusieurs drogues, a précisé M. Chawla.

Le porte-parole du PNUCID, Sandro Tucci, a estimé que «les nouvelles sont bonnes en ce qui concerne la cocaïne et l'héroïne».

Le PNUCID relève en effet que la production de cocaïne a baissé de 20% entre 1992-93 et 1999, et que celle d'opium -servant à la fabrication de l'héroïne- a chuté de 17% «au cours de la seule année dernière».

Il note en outre «une baisse de 70% de la consommation de cocaïne aux États-Unis entre 1985 et 1999», une stabilisation de celle d'héroïne en Allemagne et une baisse en Espagne et en Italie.

Le PNUCID a aussi observé une diminution du nombre de morts par surdose dans sept pays européens (France, Espagne, Allemagne, Italie, Autriche, Luxembourg et Suisse).

Il précise que «les principaux marchés de consommation (de drogues) se sont stabilisés ou ont même diminué».

En revanche, les routes de la drogue n'ont jamais été aussi nombreuses, en raison de la mondialisation: 170 pays ont noté une augmentation des saisies sur leur territoire en 1997-98, contre 120 au début des années 80, note l'ONU.

«Les divisions entre pays producteurs et pays consommateurs n'existent plus car la drogue est clairement devenu un phénomène mondial», a jugé M. Chawla.

Le PNUCID estime que les «programmes de développement alternatif», proposés aux agriculteurs pour qu'ils arrêtent leur production de feuilles de coca et d'opium, ont porté leurs fruits en Bolivie, au Pakistan, au Laos et en Thaïlande.

Ces bons résultats ont incité le PNUCID à assurer que le but fixé par les Nations unies en 1998 de «réduire de moitié la consommation de drogues et réduire substantiellement la production d'ici à 2008», semble «atteignable au regard de l'expérience acquise durant les deux dernières années».

(suite)
Des producteurs en transition
Agence France-Presse
Vienne

Le rapport sur la drogue, présenté cette semaine à Vienne par le Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), établit une carte du monde de ce fléau, dont voici les principales conclusions.

D'énormes progrès ont été réalisés en Asie pour aider des pays producteurs de pavot et d'opium à arrêter leur production, la Birmanie et l'Afghanistan demeurant les deux points noirs.

«Le Pakistan, l'un des premiers producteurs au début des années 80, n'en a quasiment plus produit l'an dernier», s'est félicité le PNUCID, ajoutant que «la Thaïlande a cessé d'être un important producteur d'opium».

En outre, le Laos, autrefois troisième producteur d'opium, «a réduit de 30% sa surface de culture d'opium entre 1998 et 2000», et le Vietnam a diminué sa production de 90% en 10 ans.

En Amérique latine, «la Colombie est responsable des deux tiers de la production mondiale de feuilles de coca et d'environ 80% de la fabrication de cocaïne».

En revanche, le Pérou a diminué de moitié sa production de feuilles de coca et la Bolivie a réduit de 78% sa surface de cultures de coca via un «plan de dignité» lancé en 1997. Au Guatemala, «la production d'opium a virtuellement disparu».

Au Proche-Orient, le Liban a réussi à libérer la vallée de la Bekaa de la production de pavot, et l'Égypte a réussi à enrayer la réapparition au milieu des années 90 de la production de pavot.

Parmi les autres pays ayant réussi leurs programmes d'élimination de production de drogues, le PNUCID cite la Turquie et l'Inde, «premier producteur d'opium aux 18e et 19e siècles» et qui «a cessé de jouer un rôle important sur le marché mondial» de la drogue.

Côté consommateurs, les États-Unis et l'Europe - surtout le Royaume-Uni et l'Espagne - ont réduit leur demande, tandis que l'Asie centrale et les républiques de l'ancienne URSS enregistrent une augmentation de la demande d'opiacés. 

 

 
 
 
   Mise à jour : 07 juillet, 2010