La lutte
contre la cocaïne et l'héroïne, qui constituent «les deux premiers
problèmes de drogue» dans le monde, a marqué des points, a annoncé
l'ONU en dénonçant les trois premiers producteurs, l'Afghanistan, la
Birmanie et la Colombie.
Environ
180 millions de personnes consomment de la drogue dans le monde, soit
3% de la population mondiale, selon un rapport sur les drogues dans le
monde, présenté cette semaine au siège de l'ONU à Vienne par le
Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues
(PNUCID). «Il y a des signes de progrès», a résumé un haut responsable
du PNUCID, Sandeep Chawla.
Il a
notamment précisé que «le nombre de pays producteurs de drogues s'est
réduit de façon significative au cours des années 90».
Le PNUCID
assure que la liste des pays producteurs n'a jamais été aussi
«limitée», l'Afghanistan et la Birmanie comptant «à eux deux pour 90%
de la production totale illicite d'opium», et la Colombie étant
«responsable à elle seule des deux tiers de la production de feuilles
de coca», selon cet organe onusien de lutte contre la drogue.
Les
consommateurs de drogue représentent 180 millions de personnes dans le
monde, soit 3% de la population mondiale ou encore 4,2% des personnes
âgées d'au moins 15 ans, c'est-à-dire en âge de se droguer, selon
l'ONU.
Ils
consomment essentiellement du cannabis (144 millions de
consommateurs), des stimulants aux amphétamines (20 millions), de la
cocaïne (14 millions) et des opiacés (13,5 millions dont neuf millions
d'héroïnomanes).
L'addition de ces différents types de consommateurs dépasse le chiffre
de 180 millions car des toxicomanes consomment plusieurs drogues, a
précisé M. Chawla.
Le
porte-parole du PNUCID, Sandro Tucci, a estimé que «les nouvelles sont
bonnes en ce qui concerne la cocaïne et l'héroïne».
Le PNUCID
relève en effet que la production de cocaïne a baissé de 20% entre
1992-93 et 1999, et que celle d'opium -servant à la fabrication de
l'héroïne- a chuté de 17% «au cours de la seule année dernière».
Il note
en outre «une baisse de 70% de la consommation de cocaïne aux
États-Unis entre 1985 et 1999», une stabilisation de celle d'héroïne
en Allemagne et une baisse en Espagne et en Italie.
Le PNUCID
a aussi observé une diminution du nombre de morts par surdose dans
sept pays européens (France, Espagne, Allemagne, Italie, Autriche,
Luxembourg et Suisse).
Il
précise que «les principaux marchés de consommation (de drogues) se
sont stabilisés ou ont même diminué».
En
revanche, les routes de la drogue n'ont jamais été aussi nombreuses,
en raison de la mondialisation: 170 pays ont noté une augmentation des
saisies sur leur territoire en 1997-98, contre 120 au début des années
80, note l'ONU.
«Les
divisions entre pays producteurs et pays consommateurs n'existent plus
car la drogue est clairement devenu un phénomène mondial», a jugé M.
Chawla.
Le PNUCID
estime que les «programmes de développement alternatif», proposés aux
agriculteurs pour qu'ils arrêtent leur production de feuilles de coca
et d'opium, ont porté leurs fruits en Bolivie, au Pakistan, au Laos et
en Thaïlande.
Ces bons
résultats ont incité le PNUCID à assurer que le but fixé par les
Nations unies en 1998 de «réduire de moitié la consommation de drogues
et réduire substantiellement la production d'ici à 2008», semble
«atteignable au regard de l'expérience acquise durant les deux
dernières années».
(suite)
Des producteurs en transition
Agence France-Presse
Vienne
Le rapport sur la drogue, présenté cette semaine à Vienne par le
Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues
(PNUCID), établit une carte du monde de ce fléau, dont voici les
principales conclusions.
D'énormes
progrès ont été réalisés en Asie pour aider des pays producteurs de
pavot et d'opium à arrêter leur production, la Birmanie et
l'Afghanistan demeurant les deux points noirs.
«Le
Pakistan, l'un des premiers producteurs au début des années 80, n'en a
quasiment plus produit l'an dernier», s'est félicité le PNUCID,
ajoutant que «la Thaïlande a cessé d'être un important producteur
d'opium».
En outre,
le Laos, autrefois troisième producteur d'opium, «a réduit de 30% sa
surface de culture d'opium entre 1998 et 2000», et le Vietnam a
diminué sa production de 90% en 10 ans.
En
Amérique latine, «la Colombie est responsable des deux tiers de la
production mondiale de feuilles de coca et d'environ 80% de la
fabrication de cocaïne».
En
revanche, le Pérou a diminué de moitié sa production de feuilles de
coca et la Bolivie a réduit de 78% sa surface de cultures de coca via
un «plan de dignité» lancé en 1997. Au Guatemala, «la production
d'opium a virtuellement disparu».
Au
Proche-Orient, le Liban a réussi à libérer la vallée de la Bekaa de la
production de pavot, et l'Égypte a réussi à enrayer la réapparition au
milieu des années 90 de la production de pavot.
Parmi les
autres pays ayant réussi leurs programmes d'élimination de production
de drogues, le PNUCID cite la Turquie et l'Inde, «premier producteur
d'opium aux 18e et 19e siècles» et qui «a cessé de jouer un rôle
important sur le marché mondial» de la drogue.
Côté
consommateurs, les États-Unis et l'Europe - surtout le Royaume-Uni et
l'Espagne - ont réduit leur demande, tandis que l'Asie centrale et les
républiques de l'ancienne URSS enregistrent une augmentation de la
demande d'opiacés.
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